Oui, et c’est un vrai risque du jeu, assumé comme tel. Au Tour du monde, une équipe peut vider son portefeuille et se retrouver incapable de payer autre chose que les transports les plus lents. Elle n’est pas éliminée pour autant, et elle terminera son parcours comme les autres : elle le paiera en jours de voyage, la seule monnaie qui compte au classement.
Comment une équipe arrive là
Le portefeuille de départ sert à acheter des moyens de transport, et le rapide coûte cher. Une équipe qui enchaîne les billets les plus rapides sur les premières étapes se retrouve à court avant d’avoir bouclé les six continents.
La monnaie se regagne en réussissant les défis proposés à l’agence de voyage, qui mêlent dextérité, observation et culture générale. Le scénario du naufrage est donc double : dépenser beaucoup, puis rater plusieurs défis d’affilée. C’est exactement ce qui est arrivé à l’équipe dont nous parlons plus bas.
Ce qui se passe ensuite
Rien de dramatique, et c’est important pour un organisateur : personne ne sort du jeu. L’équipe continue son tour du monde, avec deux différences.
- Elle voyage avec les transports les plus économiques, donc les plus lents, et son compteur de jours grimpe à chaque étape.
- Elle a tout intérêt à se rattraper sur les défis, seul moyen de regarnir le portefeuille avant la suite du parcours.
Elle reste dans la partie jusqu’à la fin, et elle figure au classement final comme toutes les autres.
Le chiffre que cela donne
C’est la statistique la plus parlante de cette animation, et nous ne l’avons vue publiée nulle part ailleurs :
- Environ 100 jours de voyage : la moyenne des équipes en fin de partie.
- Plus de 250 jours : le total d’une équipe qui avait flambé toute sa monnaie en tout début de partie et enchaîné les défis ratés, contrainte de terminer son tour du monde par les moyens les plus lents.
Plus du double de la moyenne, sur la seule base d’une mauvaise gestion des premières étapes. La mécanique qui produit ce résultat est expliquée sur Gagner sans aller vite : la mécanique des jours de voyage.
Un cas où le budget était volontairement serré
Lors d’un séminaire de cadres d’une entreprise de banque-assurance, 18 participants en 3 équipes, nous avions réduit la monnaie de départ à dessein, pour renforcer la dimension stratégique. Résultat : une équipe a dépensé très tôt et s’est retrouvée quasiment sans argent, condamnée aux transports les plus lents sur toute la seconde moitié de la partie, pendant qu’une autre calculait le rapport entre le coût et les jours économisés avant chaque achat.
Le récit complet est dans 18 cadres, 3 équipes et un budget de départ volontairement serré. Ce réglage du montant de départ est l’un des deux leviers de calibrage de l’animation, détaillés sur Régler la durée : 3 à 6 défis et le montant de départ.
Est-ce que cela gâche l’expérience de l’équipe concernée ?
Non, et la raison tient à une autre règle du jeu : personne ne connaît le classement avant la fin. Une équipe en difficulté financière sait qu’elle voyage lentement, mais elle ignore où elle se situe par rapport aux autres. Elle continue donc à jouer sa partie, sans le découragement qu’un tableau de scores produirait. Le principe est expliqué sur Le classement à l’aveugle : personne ne sait qui mène.
Dans les faits, c’est même souvent l’histoire que l’équipe raconte le mieux en fin de journée.
Comment l’éviter
Nous ne donnons pas de stratégie au briefing, parce que c’est tout l’intérêt du jeu de la trouver. Ce que le terrain montre, en revanche, est constant : les équipes gagnantes ne sont pas les plus économes, ce sont celles qui dépensent en calculant. Chez un éditeur de logiciels, l’équipe victorieuse n’était pas la meilleure aux énigmes mais celle qui avait le mieux équilibré ses dépenses et la durée de ses trajets. À l’inverse, une équipe systématiquement économe a fini avec un budget confortable et beaucoup trop de jours accumulés.
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Réponse rédigée par AA Event, agence d’animations événementielles depuis 2009, présente à Orléans, Toulouse et Nice, 23 animations réalisées en interne. Environ 700 prestations par an.