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Séminaire d’un cabinet de conseil · 48 participants · 8 équipes · animation Le tour du monde · format 2 h 30. Des collaborateurs venus de plusieurs bureaux régionaux, une demande claire : une activité accessible à tous, mais avec plus de réflexion qu’un team building sportif. Ce que la partie a produit est le meilleur résumé du jeu : l’équipe la plus prudente avec son argent a fini avec beaucoup trop de jours de voyage.

Le contexte

Le cabinet réunissait pour son séminaire annuel des équipes qui travaillent dans des bureaux différents et se croisent peu. Deux contraintes encadraient le choix de l’animation : que tout le monde puisse participer sans condition physique, et que l’exercice ait un vrai fond, un public de consultants s’ennuyant vite sur un jeu purement festif.

Nous avons constitué 8 équipes de 6, mélangées entre bureaux, sur un format de 2 h 30. Chaque équipe reçoit son passeport et son portefeuille, puis boucle les six continents : une énigme donne la destination suivante, l’agence de voyage vend les transports, et des défis permettent de regagner de la monnaie.

Ce qui s’est passé

Deux équipes ont adopté des lignes de conduite opposées, et elles ont tenu leur ligne jusqu’au bout.

La première a systématiquement choisi les transports les moins chers. Sa logique était défendable : ne jamais se retrouver à court, garder de la marge pour la fin. Elle a fini la partie avec un portefeuille confortable, et un compteur de jours de voyage considérable, puisque chaque trajet économique se paie en temps de jeu.

La seconde a dépensé presque tout son budget, mais de façon calculée : elle achetait vite quand l’écart de jours le justifiait, et renonçait quand il ne le justifiait pas. C’est elle qui a gagné.

Le mécanisme complet est expliqué sur Gagner sans aller vite : la mécanique des jours de voyage.

Le moment que le groupe a retenu

L’annonce du classement, faite de la dernière à la première place, a produit son effet habituel et un peu cruel : des équipes persuadées d’être largement en tête se sont découvertes troisième ou quatrième.

L’explication est dans la mécanique. Une équipe qui avance vite dans son parcours voit les continents défiler et se croit devant, alors que le classement additionne des jours de voyage qu’elle ne compare à ceux de personne. Aucun score intermédiaire n’est communiqué pendant la partie, ce que détaille Le classement à l’aveugle : personne ne sait qui mène.

Ce que les participants en ont tiré

Le débrief s’est fait tout seul, ce qui est fréquent sur cette animation avec un public habitué aux arbitrages. La comparaison entre les deux équipes citées plus haut a donné une conversation que personne n’avait préparée : la prudence systématique a un coût, il est simplement moins visible que celui d’une dépense.

Pour un cabinet dont le métier consiste à arbitrer sous contrainte, l’exercice parlait de lui-même, sans qu’il soit nécessaire de forcer la transposition.

Ce que ce cas dit de l’animation

  • Une équipe peut très bien jouer et mal se classer. Les énigmes et les défis ne décident pas du résultat, l’usage qu’on fait de ses ressources décide.
  • Le format 2 h 30 à 8 équipes est confortable : assez d’équipes pour que les stratégies divergent, assez peu pour que le briefing passe sans difficulté, contrairement aux très grands groupes.
  • Le classement caché n’est pas un effet de mise en scène. Il empêche les équipes de se caler les unes sur les autres, donc il produit précisément les écarts de stratégie observés ici.

C’est aussi l’un des deux cas qui ont nourri notre page transversale Réussir les épreuves ne suffit pas : les animations où il faut gérer ses ressources.

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Cas réalisé par AA Event, agence d’animations événementielles depuis 2009, présente à Orléans, Toulouse et Nice, 23 animations réalisées en interne. Client anonymisé, chiffres réels.