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Cent quatre-vingts personnes, deux murs du cinéma, une soirée de convention qui suivait une journée entière de séminaire. C’est le cas qui a montré à quoi servent vraiment les quatre ou cinq affiches que nous rendons volontairement très difficiles.

Le contexte

Un groupe bancaire réunissait 180 collaborateurs pour une convention. La journée avait été dense, en salle, et la soirée qui suivait présentait le risque classique de ces moments : que chacun retrouve ses trois collègues habituels autour du buffet et n’en bouge plus.

L’organisateur voulait un sujet de discussion commun, et il voulait surtout éviter une animation de scène. Pas de micro, pas de moment où toute la salle doit se taire et regarder dans la même direction après huit heures de présentations.

Le dispositif

Deux murs, conformément au repère de l’animation : un mur tous les 100 participants, et un second mur qui arrive avec de nouvelles affiches plutôt que de dupliquer les premières. Les détails de ce dimensionnement sont sur Un mur tous les 100 participants : dimensionner jusqu’à 320 personnes.

Aucune constitution d’équipes organisée, aucun horaire annoncé. Les murs sont installés, éclairés, et les invités font ce qu’ils veulent.

Ce qui s’est passé

Les équipes se sont formées seules en moins de dix minutes. C’est le comportement que nous observons presque à chaque fois : quelqu’un reconnaît un film, le dit à voix haute, et l’équipe se constitue autour de cette première réponse.

Ensuite, la soirée s’est déroulée en allers-retours. Les invités passaient du buffet au mur, du mur aux conversations, revenaient avec une idée, repartaient. Personne n’a été retenu devant le mur, et personne n’a eu à choisir entre l’animation et sa soirée.

Et puis une équipe de jeunes alternants a terminé à 117 affiches sur 120, devant plusieurs directeurs du groupe. Trois affiches manquantes sur 120, après une soirée d’allers-retours : ce sont les affiches volontairement très difficiles qui ont empêché le sans-faute, et c’est exactement ce pour quoi elles existent. Le détail de ce parti pris de conception est sur Les quatre ou cinq affiches impossibles qui départagent les meilleurs.

L’histoire a assez circulé pour que des demandes de revanche arrivent l’année suivante. C’est probablement le meilleur indicateur qu’on puisse avoir sur une animation de soirée : les gens s’en souviennent douze mois plus tard, et ils veulent rejouer.

Ce que ce cas nous a appris

D’abord, que le classement compte plus qu’on ne le croit sur une animation sans contrainte. Le mur n’oblige personne à jouer, mais ceux qui jouent veulent gagner, et un podium serré fait la fin de soirée. C’est exactement ce que les affiches difficiles protègent.

Ensuite, qu’une hiérarchie d’entreprise ne résiste pas à une affiche de film. Des alternants qui devancent des directeurs, cela ne se décrète pas et cela ne s’organise pas : le mur ne demande ni ancienneté, ni poste, ni expertise métier. C’est l’un des rares terrains où un groupe joue réellement à armes égales, et c’est ce qui en fait un bon ice-breaker de convention.

Ce que nous en faisons aujourd’hui

Ce cas est celui que nous racontons quand un organisateur nous dit qu’il n’a pas de créneau pour une animation, ou qu’il redoute d’imposer quelque chose à un groupe fatigué par une journée de travail. Le mur ne prend pas de créneau, il occupe celui qui existe déjà, et le raisonnement complet est sur Créer un créneau d’animation ou occuper un temps mort.

Il sert aussi de repère de dimensionnement. À 180 personnes, deux murs, et le second avec de nouvelles affiches : c’est la configuration que nous proposons par défaut sur cette tranche, et elle n’a pas bougé depuis. Sur l’animation elle-même, voir Une animation que personne n’est obligé de jouer.

Le mur du cinéma est une animation d’AA Event, agence d’animations événementielles depuis 2009, présente à Orléans, Toulouse et Nice, 23 animations réalisées en interne. Environ 700 prestations par an.