Une agence événementielle nous confie l’animation de la soirée clientèle de son propre client. Une centaine de participants, 6 tables, un cocktail, et une vente aux enchères pour finir. Tout était en place pour une soirée réussie. Ce qui l’a fait dérailler tient en une décision prise en amont, avec les meilleures intentions du monde : les lots.
Le contexte
Le format était classique et bien dimensionné. Une centaine d’invités, 6 tables de jeu, ce qui est légèrement au-dessus de notre repère d’une table pour 25 personnes. Le déroulé prévu était celui que nous recommandons : jeu libre pendant un cocktail, puis vente aux enchères en clôture.
Le client final a souhaité apporter ses propres cadeaux, ce qui est parfaitement possible et fréquent. Il a choisi plusieurs lots de valeur importante. Le raisonnement paraissait solide : plus les cadeaux sont beaux, plus les invités auront envie de jouer.
Ce qui s’est passé
Le raisonnement était faux, et l’effet a été exactement inverse.
Au fil de la soirée, avec la durée et avec l’alcool, une partie des invités a cessé de jouer pour s’amuser et s’est mise à jouer uniquement pour remporter les lots. Ce n’est pas une nuance de comportement : cela change tout ce qui se passe autour d’une table. Les plaisanteries des croupiers tombent à plat, un coup perdu n’est plus drôle, et l’attention se déplace du jeu vers le décompte des chèques.
La situation s’est aggravée d’un cran quand le client lui-même s’est mis à redistribuer discrètement des chèques factices à ses proches. Le geste partait sans doute d’une bonne intention, mais dans une salle où les gains avaient pris de la valeur, il a créé un vrai sentiment d’injustice parmi les autres invités.
Le résultat
L’ambiance était devenue si compétitive que le client a dû reprendre lui-même la gestion de la vente aux enchères. Le final, qui est normalement le moment le plus léger de la soirée, s’est joué dans une tension que personne n’avait souhaitée.
Ce que ce cas nous a appris, et que nous disons désormais en avant-vente
Ce n’est pas un accident isolé, c’est une mécanique. Elle s’explique en une phrase : une soirée casino fonctionne parce que les gains n’ont aucune valeur. Perdre n’est pas grave, donc on ose, on rit, on recommence. Donnez de la valeur aux gains, et vous réintroduisez exactement ce que l’animation avait retiré.
Trois recommandations en découlent, et nous les formulons sur chaque devis.
- Des lots amusants plutôt que des lots chers. Un jeu de cartes, un objet décalé, quelque chose qui fait rire à l’ouverture. Cinq lots humoristiques sont d’ailleurs inclus dans la prestation.
- Pas plus d’une dizaine de lots. Au-delà, la vente traîne et perd son rythme, ce qui est un autre moyen de rater le final.
- Vos propres cadeaux, oui, mais dans le même esprit. Nous ne refusons jamais qu’un client apporte ses lots. Nous lui disons ce qui se passe quand ils sont trop beaux.
Le détail de la mécanique du final est sur La vente aux enchères : le final qu’il ne faut pas couper.
Pourquoi nous publions un échec
Parce qu’il est plus utile que trois soirées réussies. Un organisateur qui lit cette page comprend immédiatement pourquoi nous déconseillons ce qu’il s’apprêtait peut-être à faire, et il n’a pas à nous croire sur parole : la démonstration est dans le récit.
C’est aussi la seule façon honnête de vendre une animation dont la force tient à l’absence d’enjeu. Nous ne pouvons pas vanter le fun sans risque et accepter en silence qu’un client le remplace par une compétition à gros lots.
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La soirée casino est une animation d’AA Event, agence d’animations événementielles depuis 2009, présente à Orléans, Toulouse et Nice, 23 animations réalisées en interne. Environ 700 prestations par an.