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Cent cinquante convives, cinq tables de casino gourmand, un cocktail dînatoire dans un restaurant de la Tour Eiffel. C’était l’une de nos toutes premières prestations gourmandes, et elle a réglé une question que nous nous posions encore : faut-il proposer la table d’insectes, ou est-ce qu’elle fait fuir la salle ?

Le contexte

Un cocktail dînatoire de 150 personnes, dans un lieu que personne n’oublie. Le dispositif suivait le repère habituel de l’animation, une table pour 25 à 30 participants, soit cinq tables réparties dans l’espace, avec des sessions de 15 à 20 minutes qui s’enchaînaient pendant que les invités circulaient, discutaient et se servaient.

La table extrême faisait partie du dispositif, et c’est elle qui avait fait le plus discuter en amont. L’idée de proposer des insectes à des invités en tenue de soirée, dans ce lieu-là, inquiétait légitimement.

Ce qui était prévu pour que ça se passe bien

Le cadre de cette table est le même partout et il ne s’improvise pas. Les produits sont destinés à l’alimentation humaine, ils sont présentés avant le défi, et personne n’est jamais obligé de goûter.

Le jeu repose sur deux paris successifs, et c’est ce montage qui change tout.

  • Un pari individuel : le joueur reçoit une cocotte fermée contenant un insecte ou un bonbon, et mise sur sa capacité à en manger le contenu. S’il refuse, il perd sa mise, rien de plus.
  • Un pari collectif : une personne est tirée au sort, on lui propose un produit identifié, et les autres joueurs parient sur le fait qu’elle accepte ou non.

Le second pari est la clé : il donne un rôle à ceux qui ne veulent rien manger. On peut participer pleinement à cette table sans y goûter quoi que ce soit, ce qui n’est pas vrai des autres thèmes.

Ce qui s’est passé

La table la plus clivante est devenue celle qui a créé le plus de réactions et le plus de dynamique collective de la soirée. Les invités se sont rassemblés autour pour encourager leurs collègues, et ce sont les spectateurs, autant que les joueurs, qui ont fait l’ambiance. Ce que nous redoutions, une table que l’on évite, ne s’est pas produit : c’est vers elle que la salle a convergé.

Les quatre autres tables ont fait leur travail, celui pour lequel on les installe : faire goûter, faire deviner, faire parler. Mais c’est la cinquième dont les invités ont parlé le lendemain, et c’est elle qui a donné son caractère à la soirée.

Ce que ce cas nous a appris

Deux choses, et nous nous en servons encore aujourd’hui pour conseiller nos clients.

D’abord, que la curiosité est un moteur plus fort que la réticence, à condition que personne ne se sente piégé. Les invités ne se sont pas rassemblés parce qu’ils voulaient manger des insectes, mais parce qu’ils voulaient voir si un collègue allait le faire. L’animation ne demande pas du courage à tout le monde : elle demande à chacun de parier sur le courage des autres.

Ensuite, qu’une table clivante fédère parfois mieux qu’une table consensuelle. Une table chocolat plaît à tout le monde et ne surprend personne. Une table extrême divise, et c’est cette division qui fait se déplacer les gens et démarrer les conversations. C’est le raisonnement que nous reprenons sur Faire se rencontrer des invités qui ne se connaissent pas.

Ce que nous en faisons aujourd’hui

Nous ne proposons pas la table extrême par défaut, et elle reste une option. Mais nous ne la présentons plus comme un risque : nous la présentons comme le thème qui produit le plus de mouvement dans une salle, à condition de l’entourer de tables plus rassurantes.

La composition de cette soirée reste d’ailleurs notre modèle : une table qui surprend, et quatre qui accueillent. Le choix des thèmes est détaillé sur Les 8 tables du casino gourmand, du chocolat aux insectes, et le dimensionnement sur Combien de tables de casino gourmand pour 100 personnes ?

Une précision, enfin, parce qu’on nous pose la question : le restaurant de la Tour Eiffel était le lieu de la réception, pas notre client. Nous citons le lieu parce qu’il fait partie du cas, et nous ne citons jamais l’entreprise qui nous avait fait venir.

Le casino gourmand est une animation d’AA Event, agence d’animations événementielles depuis 2009, présente à Orléans, Toulouse et Nice, 23 animations réalisées en interne. Environ 700 prestations par an.