Trente-deux collaborateurs d’une entreprise de services du numérique, cinq équipes, un ATEP en fin de journée de présentation des résultats annuels, juste avant le dîner. C’est le cas qui nous sert à expliquer pourquoi le blindtest karaoké n’est jamais la première épreuve de la soirée.
Le contexte
Une journée de séminaire commercial, des résultats annuels présentés en salle, et une soirée qui suit immédiatement. Le groupe se connaissait bien, travaillait ensemble au quotidien, et restait malgré tout réservé en cadre professionnel : la configuration la plus banale d’un séminaire d’entreprise, et celle qui rend une animation difficile à lancer.
Personne n’était hostile. Simplement, personne n’allait se lever en premier.
Le dispositif
Cinq équipes, le maximum de l’animation, et le programme dans son ordre habituel : le Mime en ouverture, puis le blindtest karaoké en fil rouge entre les autres épreuves. Le déroulé complet est sur Les sept épreuves de l’ATEP et l’ordre dans lequel on les joue.
Cet ordre n’est pas décoratif. Le Mime ouvre parce qu’il n’expose personne vraiment : on mime pour son équipe, le ridicule est partagé, et la salle rit d’une situation plutôt que d’une personne.
Ce qui s’est passé
La montée en énergie a suivi son cours habituel, du Mime vers le karaoké puis Articule. Et puis c’est le directeur commercial, réputé très sérieux dans l’entreprise, qui s’est retrouvé au micro.
Casque anti-bruit sur les oreilles, musique à fond, il s’est mis à fredonner faux devant trente et un collaborateurs qui l’entendaient parfaitement, sans pouvoir s’entendre lui-même. Le fou rire a été général. Ce n’est pas lui qui s’est rendu ridicule : c’est le dispositif qui l’a mis dans une situation où personne ne s’en sort, et toute la salle le savait.
Le reste de la soirée a changé de nature. Quand le dirigeant le plus sérieux de la salle est passé par là, plus personne n’a de raison de se retenir, et les équipes suivantes se sont lâchées sans qu’on ait à les encourager.
Le sujet est resté sur la table pendant tout le dîner, et plusieurs collaborateurs nous ont dit avoir découvert leurs collègues autrement.
Ce que ce cas nous a appris
D’abord, que l’ordre des épreuves fait une partie du travail. Si le karaoké avait ouvert la soirée, le même directeur aurait très probablement refusé, et il aurait eu raison : personne n’accepte de se mettre en difficulté devant un groupe qui n’a pas encore ri une seule fois. Le détail de cette épreuve est sur Chanter sans s’entendre : le blindtest karaoké au casque.
Ensuite, que l’effet dépend de qui passe. Un collaborateur déjà réputé drôle qui chante faux ne surprend personne. Un dirigeant réservé qui le fait change le contrat implicite de la soirée en trente secondes. C’est un ressort que nous ne pouvons pas provoquer, seulement rendre possible en laissant les équipes désigner leurs joueurs.
Ce que nous en faisons aujourd’hui
C’est le cas que nous racontons aux organisateurs qui nous disent que leur groupe est « trop sérieux » ou « pas du genre à se lâcher ». Un groupe réservé en cadre professionnel n’est pas un groupe fermé, et c’est même le terrain favori de cette animation, à condition que le climat interne soit sain. La nuance est importante et elle est développée sur Les personnes timides peuvent-elles participer à l’ATEP ?
Il sert aussi de repère de créneau : une fin de journée de travail, avant le dîner, avec un groupe encore disponible. Voir Peut-on organiser l’ATEP pendant un cocktail ?
L’ATEP est une animation d’AA Event, agence d’animations événementielles depuis 2009, présente à Orléans, Toulouse et Nice, 23 animations réalisées en interne. Environ 700 prestations par an.