Toutes les équipes, ou presque, commencent par chercher le coupable. Et c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire. Dans Huis clos, notre enquête policière en équipes, on ne gagne pas en devinant qui a tué : on gagne en disculpant méthodiquement chaque suspect jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un sans alibi. Ce renversement de méthode paraît anodin écrit ainsi. Sur le terrain, il change tout : la façon de lire les documents, la répartition du travail dans l’équipe, et le classement final.

Le réflexe naturel, et ce qu’il coûte

Le briefing annonce qu’une personne a été retrouvée morte. À partir de là, le raisonnement spontané de n’importe quel groupe est celui d’un lecteur de roman policier : repérer le personnage suspect, chercher ce qui l’accable, se convaincre. C’est un réflexe de lecture, pas un défaut d’intelligence, et nos animateurs le voient à chaque event.

Le problème est que ce réflexe oriente la collecte d’information. Une équipe convaincue d’un nom va interroger les sources qui parlent de lui, négliger les autres, et surtout ne pas vérifier les alibis des personnages qu’elle juge sans intérêt. Elle avance vite, puis se retrouve avec une conviction et sans preuve.

Le cas qui l’illustre le mieux vient d’un séminaire de cabinet d’expertise comptable réunissant 36 collaborateurs en 6 équipes. Une équipe s’est convaincue qu’un personnage à l’allure louche était forcément impliqué et a concentré toute son enquête sur lui, avant de découvrir que son alibi était parfaitement valable. Le meilleur du débrief est venu ensuite : plusieurs autres équipes avaient formé exactement le même préjugé, sur le même personnage. Cela a beaucoup fait rire, et ce phénomène est si récurrent qu’il fait partie du plaisir du jeu.

La bonne méthode : éliminer, pas accuser

La mécanique demande l’inverse du réflexe. Concrètement, une équipe efficace procède ainsi :

  1. Elle tient la liste de tous les suspects croisés, y compris ceux qui paraissent insignifiants. Chaque interrogatoire, chaque document fait apparaître de nouveaux noms.
  2. Elle cherche l’alibi de chacun, un par un, sans hiérarchiser selon l’intuition.
  3. Elle raye le suspect dès que son alibi tient. C’est un travail de vérification, pas de déduction.
  4. Elle laisse la réponse apparaître. À la fin, il reste une personne dont l’alibi n’a jamais pu être établi. C’est elle.

Les équipes qui adoptent cette méthode tôt s’organisent d’ailleurs différemment : elles fabriquent spontanément un support de travail. Lors d’une journée d’intégration chez un éditeur de logiciels, 72 personnes en 12 équipes, plusieurs équipes ont créé leur propre tableau des suspects avec une colonne « alibi confirmé ». C’est le signe le plus fiable qu’une équipe a compris le jeu.

Un projet d’événement ? Parlons-en !

Vous préparez un séminaire, une soirée d’entreprise, un team building ou un événement professionnel ? Présentez-nous votre projet et nous vous proposerons une animation adaptée à votre événement.

Ce que le classement récompense réellement

C’est la conséquence la plus concrète, et elle surprend souvent. Le vainqueur ne se détermine pas seulement au nom final, mais aussi au nombre de suspects correctement disculpés. Une équipe peut donc donner la bonne réponse et perdre.

Lors d’un séminaire de direction d’un groupe industriel réunissant 18 personnes en 3 équipes, deux équipes sur trois ont trouvé la bonne personne sans alibi. Celle qui a gagné est celle qui avait correctement reconstitué la majorité des autres alibis. Autrement dit, le jeu récompense la rigueur du raisonnement, et pas la chance du bon pressentiment.

L’erreur inverse existe aussi, plus rare

Sur un public très analytique, nous avons vu le mouvement contraire. Lors d’un team building du service juridique d’un grand groupe, 24 personnes en 4 équipes, des participants habitués à confronter des sources ont poussé l’analyse jusqu’à chercher des contradictions inexistantes dans les documents. L’animateur a dû rappeler que toute l’information utile était bien là, et qu’il n’y avait pas de piège caché.

C’est une nuance utile pour un client : Huis clos demande de la rigueur, pas de la méfiance. Les documents sont fiables, ils sont simplement incomplets tant qu’on ne les a pas tous.

Est-ce qu’on prévient les équipes ?

Oui, et c’est une question qui revient. L’animateur explique la mécanique au briefing : le but est bien de désigner une personne, mais le chemin passe par l’élimination. Ce qui est intéressant, et que nous ne cherchons pas à corriger, c’est que l’entendre ne suffit pas. Le réflexe reprend le dessus dans les premières minutes, et chaque équipe fait son propre chemin vers la méthode. C’est précisément là que se trouve la valeur de l’animation en débrief : le groupe constate qu’il a collectivement suivi son intuition avant de se donner une méthode.

Le débrief final, où l’animateur reconstitue l’histoire complète et donne tous les alibis qu’il était possible de trouver, est d’ailleurs le moment le plus apprécié, y compris par les équipes qui se sont trompées.

Un projet d’événement ? Parlons-en !

Vous préparez un séminaire, une soirée d’entreprise, un team building ou un événement professionnel ? Présentez-nous votre projet et nous vous proposerons une animation adaptée à votre événement.

Pages liées

Huis clos est une animation réalisée par AA Event, agence d’animations événementielles depuis 2009, présente à Orléans, Toulouse et Nice. Environ 700 prestations par an.